Fallopia japonica
Une facette du vide qui se débobine sur le fil. Comme un organe arraché, décuplant son activité jusqu’à l’implosion. Tout est remis en question mais rien ne s’arrête. Pour l’instant. Un écrou s’est désolidarisé d’un tout métallique, d’autres se meurent. La fleur de rouille se cueille en bouquet. Une poignée dans les gravats, encore chauds, la porter sur une table de chevet, dans un vase. Il vient d’Ikéa. La table de chevet aussi d’ailleurs. Une approche systémique soumise à des coups de butoir. Multiples. Quelques raisons d’espérer, mais. Finalement ce ne sont que des images, des figures, des appelés jamais présents. D’autres qu’on n’appelle pas. Peut-être devrait-on. Oui, sûrement. Et toi, avec ton affreux bouquet posé sur ta table Ikéa, tu lis Fante, ou Ginsberg. Quelque part, hors du temps, en dehors de toute réalité si ce n’est celle du papier et de l’encre. Les mots susurrent, les mots supportent, les mots s’usent. Ils m’insupportent. Rien ne bouge, on gesticule ou l’on s’agite. Pour la pose, la posture, la postérité peut-être. On fend l’air, on fait vibrer les ondes, mais définitivement, rien ne bouge. Rien. Les pages de ton livre. Ligne après ligne. Tu fais abstraction du reste et souvent je t'envie.