14 mai 2009

Décade irresponsable (pour lutter contre la crise)

Dans un silence qui émancipe
Les carences d’un cycle erratique
Vagabondent les lueurs
Crépusculaires bien avant l’heure

On a tout vu de nos yeux vu
On a tout bu on a tout cru
Ivres porteurs en toute candeur
Enfle le chant des rumeurs

De vous plus rien ne reste
Sinon l’odeur qui empeste
Les agrafes de vos programmes
Dans du mauvais 80 grammes

Cette plaie qui se gangrène
Ne promet que des encore
Il n’y a plus rien dans ce corps
Sa lourde chute en est certaine

11 avril 2009

Orange

Une vérité printanière
Masque le champ
Déferre le clerc

05 février 2009

Gélatines aériennes

Aujourd'hui, j'étais quelque part assez haut. Comme en suspension dans l'air, quelques mètres au-dessus du sol. Tout autour la campagne, même si je ne pouvais pas regarder derrière, je le savais. Les cieux électriques déversaient sous mes yeux des gouttes d'eau mêlés de poussières et de fruits délicieux. Soleil en toile de fond. Un saut de cabri d'un point A à un point B. Au point A justement, un arbre violet sur lequel aterrissaient des mûres. Un pommier fluo également. Au point B, un grand arbre orange qui n'avait d'orange que son nom étant donné que des clémentines s'y posaient. Entre les deux un chemin lumineux, sans aucune cassure si ce n'est dans les tons rouges qui avaient du mal à ressortir sur le bleu brûlé. Je n'avais jamais vu ça et je souriais bêtement.

29 novembre 2008

Ta sueur

Derrière,
Un isthme pacifique
Une soutane islamique
Brûle-toi les yeux
En un mot ou en deux

Veines,
Dedans m’exhortent
Elles me transportent
Conduite sans cœur
Rappelle-toi l’heure

Coule,
Langue à l’envers
Dessine-moi l’Anvers
Rouge écarlate
Dévêtue sans cravate

Derrière tes veines coule ta
Sueur,
Irrigue ta présence
Divine mes absences
Mon diaphragme une alcôve
Ton image s’y love

07 novembre 2008

Fallopia japonica

Une facette du vide qui se débobine sur le fil. Comme un organe arraché, décuplant son activité jusqu’à l’implosion. Tout est remis en question mais rien ne s’arrête. Pour l’instant. Un écrou s’est désolidarisé d’un tout métallique, d’autres se meurent. La fleur de rouille se cueille en bouquet. Une poignée dans les gravats, encore chauds, la porter sur une table de chevet, dans un vase. Il vient d’Ikéa. La table de chevet aussi d’ailleurs. Une approche systémique soumise à des coups de butoir. Multiples. Quelques raisons d’espérer, mais. Finalement ce ne sont que des images, des figures, des appelés jamais présents. D’autres qu’on n’appelle pas. Peut-être devrait-on. Oui, sûrement. Et toi, avec ton affreux bouquet posé sur ta table Ikéa, tu lis Fante, ou Ginsberg. Quelque part, hors du temps, en dehors de toute réalité si ce n’est celle du papier et de l’encre. Les mots susurrent, les mots supportent, les mots s’usent. Ils m’insupportent. Rien ne bouge, on gesticule ou l’on s’agite. Pour la pose, la posture, la postérité peut-être. On fend l’air, on fait vibrer les ondes, mais définitivement, rien ne bouge. Rien. Les pages de ton livre. Ligne après ligne. Tu fais abstraction du reste et souvent je t'envie.

Noir

Dans un train d’automne
Polymorphe et aphone
Une pensée s’emprisonne

18 octobre 2008

Un tour et un détour...

... pour vomir un coup, une fois de plus...

« Une femme dont le compagnon sans-papiers est menacé d'expulsion vers l'Arménie a été grièvement blessée, samedi 18 octobre, après s'être immolée devant la maison d'arrêt du Mans, dans la Sarthe. Vers 8 h 50, la femme qui avait donné rendez-vous à des journalistes de la presse locale s'est aspergée le corps d'essence avant d'y mettre le feu.

Selon un correspondant de l'AFP, elle aurait voulu protester contre l'incarcération et l'expulsion de son compagnon. Le compagnon de la victime purge une peine de deux ans à la maison d'arrêt du Mans pour avoir refusé à 18 reprises de monter dans l'avion qui devait le reconduire en Arménie. Il devait être transféré samedi au Centre de rétention administrative de Rennes en vue d'une nouvelle expulsion.

Blessée gravement, la victime dont le pronostic vital ne serait toutefois pas engagé a été transférée à l'hôpital du Mans. Deux journalistes ayant assisté à la scène ont été également transportés en état de choc vers l'hôpital. L'un d'entre eux est brûlé à une main. D'après un témoin, la jeune femme avait convoqué la presse pour attirer l'attention sur le sort de son compagnon sans préciser ses intentions. Les journalistes se sont immédiatement portés au secours de la victime sans toutefois pouvoir empêcher son geste désespéré. "Elle a sorti la bouteille d'alcool, quand on s'est approché d'elle, c'était trop tard." »

Source : Le Monde

[Edit] La personne est décédée des suites de ses blessures... Et on ne saura probablement jamais ce qu'il adviendra de son compagnon...[/Edit]

Je repasserai d'ici peu, Internet est (presque) de retour, des bises.

01 août 2008

Sauvez FIP

A l'attention de : Direction de Radio France

> Fip est une radio du service public qui rend un service essentiel aux associations, aux artistes, aux structures culturelles dans 3 villes en France: Bordeaux, Nantes et Strasbourg. Avec un temps d'antenne local de 12 heures par jour, elle a la possibilité d'ouvrir son antenne à moultes structures qui n'auraient pas sans elles les moyens de communiquer . Fip contribue par là même activement au dynamisme associatif, culturel et créatif des 3 villes concernées.

> La direction de Radio France vient de décider de ramener en octobre prochain le temps d'antenne local de Fip de 12h à 4h par jour. Ce temps d’antenne local ne concerne que la FM et uniquement les stations déjà existantes. Elle ampute ainsi considérablement le rôle de média de proximité de Fip. Cette amputation se fait au profit d'une antenne nationale diffusée dans de nouvelles villes sur la FM (Toulouse, Rennes, Marseille, Montpellier…) et, à terme sur un plus large territoire, via la radio numérique. A ce jour, aucun des 3 Fip en région n'a la certitude d'être associé au projet numérique.

> En décidant de cette politique, Radio France signe la mort de Fip : elle l’ampute de 2/3 de son temps d’antenne en local, elle enterre sa spécificité de moyen d'information culturelle de proximité et elle refuse d’utiliser les nouvelles possibilités de la technique pour développer sa spécificité locale. Elle le fait à un moment où la tendance générale de la presse est de limiter ces mêmes informations. Cette tendance générale est profondément préjudiciable à toutes les structures associatives locales déjà fragiles qui sont le coeur même de la vie citoyenne. Elle est en totale contradiction avec toutes les déclarations politiques actuelles, notamment à Nantes.

> Les auditeurs de Fip Nantes tiennent à montrer leur désaccord profond avec ces décisions et considèrent au contraire que les avancées technologiques doivent servir à maintenir et renforcer le lien de proximité entre la radio et ses auditeurs.
[Yannick Guiné]

30 juillet 2008

Un souffle

Près d’une colonne
À l’horizontale
Je sifflote
Tranquillement

Les notes vont
À la verticale
De bas en haut
Évidemment

Ma colonne vibre
L’air y vrombit
Rome s’est construite
Éternellement

Le cuivre vert
Pistons pistache
Tout se relâche
Étonnamment

22 mai 2008

Chat perché